Il existe 8 millions 400 mille formes d'existence à travers lesquelles errent et transmigrent les âmes. Il y a d'abord les espèces aquatiques, au nombre de 900 mille, puis les espèces végétales, et ainsi de suite. Et l'être vivant, l'âme, passe d'une espèce à l'autre, transmigrant sans fin.

L'être vivant désire jouir de l'existence. En vérité, le bénéficiaire réel de tous les plaisirs est Dieu, ou Krsna, la Personne Suprême, mais nous voulons imiter Krsna, nous voulons devenir Dieu. Voilà notre problème. Et il s'agit bien là d'un problème, car nous nous efforçons de devenir quelque chose que nous ne pouvons être. En effet, personne ne peut devenir Dieu. Pourtant, combien ne s'y acharnent-ils pas? Et sous le coup de cette conception erronée, les êtres conditionnés recherchent le bonheur à travers d'innombrables formes d'existence, passant d'une espèce à une autre. Ils sont déjà tombés du monde spirituel, mais ils continuent de se dégrader ici-bas.

Cependant, dans leur désir d'évolution, ils finissent, après de très nombreuses existences, par obtenir une forme humaine. Et c'est bien ainsi qu'il faut entendre l'évolution. Ce ne sont pas les corps qui se transforment, mais bien les êtres qui transmigrent d'un type de corps à un autre. Au départ, les différentes espèces vivantes existent déjà toutes, et de même, les âmes ont leur propre existence. Or, ce sont les âmes qui revêtent successivement les différentes formes de corps, et non pas les corps eux-mêmes qui évoluent.

Celui qui ne tire pas parti de sa naissance dans un corps humain doit renaître au sein d'espèces inférieures et subir à nouveau le cycle des transmigrations. On se trouve ainsi comme sur un manège, parfois dans une position élevée et l'instant d'après au point le plus bas. Il faut donc savoir que le cycle des morts et des renaissances continue d'entraîner tous les êtres dans sa course, et que la forme humaine représente l'occasion d'y échapper.

Notre premier objectif, en venant en ce monde, reste de dominer la nature matérielle. Bien qu'il ne nous soit pas possible de nous en rendre maîtres, nous en chérissons tout de même le désir. Or, celui qui possède une telle mentalité peut être appelé sarva-kama, pour indiquer que ses désirs ne connaissent pas de limites. Vous pouvez demander à toutes les personnes que vous rencontrez en ce monde quel est leur désir ultime, et toutes se verront dans l'incapacité de vous fournir une réponse définitive, car il n'y a pas de fin à leurs désirs.

L'être conditionné continue d'être hanté de désirs jusqu'à l'instant de sa mort. Même le mourant bouillonne de désirs; ce que j'ai pu moi-même constater. J'ai en effet connu un homme respectable d'Allahabad-nous étions du même âge-qui se trouvait sur le point de mourir à l'âge de 54 ans et qui, confiant en ses immenses richesses, suppliait le docteur de lui donner encore quatre ans de vie pour qu'il puisse réaliser tous ses projets. Mais quels projets tiennent devant la mort? N'est-ce pas là faire preuve de bêtise? J'ai personnellement assisté à cette scène. Ce genre d'homme est donc qualifié de sarva-kama: il n'y a aucune fin à ses désirs. Il nage dans l'ignorance... Il est sur le point de mourir, et s'imagine que le médecin peut prolonger sa vie. Nul ne saurait prolonger son existence fût-ce d'une seconde. Lorsque votre heure a sonné, vous devez mourir.

Les matérialistes pensent: "Lorsque la maladie me frappera et que j'arriverai au seuil de la mort, je prendrai grand soin de rétablir ma condition. Il existe d'excellents docteurs, et je ferai appel à eux pour qu'ils me redonnent la vie."

Nul ne peut se protéger au moyen de la science, des médecins ou de quelque autre pouvoir. La chose s'avère impossible, car la mort n'est autre que Krishna. Plusieurs croyaient qu'ils allaient vivre éternellement, mais aucun d'eux ne put arrêter la mort. Il faut donc renoncer à cette mentalité et apprendre à donner à Krishna, sans quoi Krishna finira par nous apparaître. Il nous enlèvera tout même la vie.




Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare

Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare