"Un jour, au lever du soleil, après ses ablutions matinales dans les eaux de la Sarasvati, Srila Vyasadeva s'assit en méditation. Le grand sage perçut certaines anomalies dans la fibre du millénaire. Ce phénomène se produit périodiquement sur terre et est causé par des influences invisibles sur le cours du temps. Grâce à sa connaissance absolue et sa vision transcendantale il put déceler la détérioration des éléments matériels dû à l'influence néfaste de l'âge [de Kali]. Il pouvait prévoir que les populations égarées verraient la durée de leurs vies dramatiquement réduite et feraient preuve d'impatience par faute de vertu. Il devint ainsi préoccupé par le bienfait de l'humanité toute entière."
(Srimad-Bhagavatam I.4.15-18)

Ce verset du Srimad-Bhagavatam nous décrit un évènement historique crucial dans le temps et l'espace. Ce sage parmi les sages, assis en méditation dans son ermitage sur les berges de la Sarasvati anticipe les ravages imminents de l'âge de Kali. C'est au terme de sa contemplation qu'il décide de coucher par écrit la connaissance monumentale des Védas. Mais c'est le lieu même ou ses réalisations se produisent ainsi que les régions adjacentes qui font l'objet de cet article.

La Sarasvati, dont mention est faite tout au long de la littérature védique, principalement dans le Rig-Veda (le premier Veda compilé par Srila Vyasadeva) a hélas pendant les deux derniers siècles été tenu pour un mythe par l'établissement académique. En effet nulle trace ne semblait exister du fleuve légendaire. Par voie de conséquence, si le lieu même de leur création était une chimère, il devenait alors facile de dénigrer les textes védiques eux aussi comme une simple collection intéressante de fables.

Cependant, plus récemment, de nombreuses découvertes dans le Nord de l'Inde sont venues bouleverser ces conceptions erronées des historiens modernes. Des fouilles, sondages hydrologiques et photos prises par satellite ont permis de localiser avec exactitude plusieurs longs tronçons de l'ancien lit du fleuve. Un grand nombre de sites archéologiques ont révélé au cours des dernières décennies les vestiges de cités védiques jonchant autrefois les berges de la Sarasvati.

Le Rig-Veda chantait ainsi les éloges de ce fleuve grandiose (il était par endroits jusqu'à 7 kilomètres de large): "Ambitame nadiitamedevitame" ou "O Mère Suprême, Perle des Rivières et Déesse entre les Déesses!". La Sarasvati a véritablement nourri une civilisation exceptionnelle pendant de longs millénaires. Plus d'un millier de fouilles archéologiques, tels qu'à Rakhigarhi, Ropar, Lothal et Kotda ont révélé une culture antique impressionnante consistante avec les découvertes faites au début du siècle à Mohenjodaro et à Harappa sur les berges du Sindhu (ou Indus). L'utilisation du radio-carbone a permit d'estimer que la civilisation Sindhu-Sarasvati connu sa période de gloire plus de trois mille ans avant J.C.

Le fleuve prenait alors naissance du glacier Har-Ki-Dun dans les Himalayas avant d'alimenter une vaste région en passant par Kuruksetra, Kalibangan, Ganweriwala pour enfin aboutir dans le golfe de Kambat près de Lothal.

Il finit hélas par s'assécher sur une période de plusieurs siècles vers 2500 ans avant J.C. Les raisons pour cette dissipation progressive furent des tempêtes de sable massives ainsi que le phénomène de "capture". Dans ce cas, la Yamuna, une rivière tributaire du Gange"captura" la Sarasvati près de sa source à Paontasahab (au Punjab). Au fur et à mesure que le fleuve s'asséchait, les populations environnante émigrèrent en direction de l'Est dans les régions du Gange et de la Yamuna ainsi que du Sud vers les rivières Godavari et Pravara.

Les vestiges témoignent d'une richesse culturelle hors pair spirituellement mais aussi matériellement. Les bâtisseurs de ces cités firent preuve d'un sens de planification urbaine remarquable en orientant leurs rues et avenues selon les points cardinaux et les faisant se croiser à angles droits. Bien entendu, de nombreux temples offraient la principale raison d'être à ce peuple aryen, concerné avant tout par les valeurs supérieures de la vie humaine. Les maisons, consistant souvent de plusieurs étages, étaient construites en briques de terre cuite. Les villes possédaient des magasins, des entrepôts, des bains publics et des systèmes d'égout sous-terrain.

A son apogée, la culture Sindhu-Sarasvati s'étendait sur plus de 725000 km2, un territoire plus vaste encore que l'Europe de l'Ouest. Les découvertes faites dans cette immense région nous présentent une homogénéite notoire à plusieurs points de vue. La sophistication et similitude dans les objets d'artisanat, en particulier l'usage extraordinaire de céramique, de faence, de métaux, de pierres précieuses et semi-précieuses, la splendeur massive de l'architecture, et l'utilisation d'unités standardisées de mesures et de poids ne sont que quelques unes de ces constantes remarquables. Une parenthèse peut ici être faite pour signaler que les Mésopotamiens (l'ancienne culture iranienne) utilisaient de nombreux objets en provenance des vallées de la Sarasvati et du Sindhu. Plusieurs sceaux védiques de la période Sindhu-Sarasvati ont en l'occurrence été mis à jour lors de fouilles sur d'anciens sites Mésopotamiens. Les mêmes Mésopotamiens avaient également adopté la même unité de poids.

Les Salagram-Silas et Siva-Lingams trouvés dans plusieurs des anciennes cités védiques au Nord-Oue

st de l'Inde et au Pakistan (la région Sindhu-Sarasvati) révèlent la dévotion que leurs résidents portaient aux Seigneurs Visnu et Siva. La fréquence d'autels particulièrement conçus pour les feux de sacrifice est un autre élément important qui nous renseigne sur le caractère intensément religieux de cette culture. Malgré que toutes ces villes comptaient de nombreux temples, les autels vides et l'absence de murtis (deites) qu'on y remarque semble tout simplement indiquer que leurs habitants les transportèrent vers des régions plus hospitalières lorsque les conditions climatiques se détériorèrent.

La cité d'Harappa est souvent considérée comme l'un des centres majeurs de ce réseau d'anciennes villes védiques. Le mot Harappa est mentionné dans le Rig-Veda. La cité fut bâtie par les Salvas, un sous-clan des Bharatas. Le script particulier connu comme le script "Harappa" a confondu les linguistes pendant près d'un siècle. Il a finalement récemment révélé ses secrets. La langue même est maintenant reconnue comme étant définitivement de souche sanskrite. Quant au script bien distinct il s'avère lui être un ancêtre d'anciennes écritures telles que l'Aramaique et l'Arabique du Sud.

Que cette terre sacrée représente le berceau de l'humanité ne fait pas l'ombre d'un doute. Mais les mauvaises habitudes ne disparaissent pas si facilement. Aussi il n'est guère surprenant que certains "indologues" choisissent d'ignorer les montagnes de nouvelles évidences et continuent de réciter les vieilles théories du début du siècle dernier.

Le prochain article se penchera sur ces théories désuètes de l'histoire ancienne de l'Inde. A la lumière des Textes Védiques et des découvertes archéologiques récentes nous identifierons les failles dans ces conceptions erronées qui ont pendant trop longtemps hélas tenu lieu de version officielle.

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