guna-pravrddha visaya-pravalah
adhas ca mulany anusantatani
karmanubandhini manushya-loke
Les branches de cet arbre, que nourrissent les trois gunas, s'étendent en hauteur comme en profondeur; ses ramilles sont les objets des sens. Certaines de ses racines pointent aussi vers le bas, liées aux actes matériels accomplis dans le monde des hommes.
La description du figuier banian se poursuit dans ce verset. Ses branches s'étendent dans toutes les directions. Au bas, on trouve diverses manifestations d'êtres: hommes, bêtes, chevaux, vaches, chiens, chats, etc., plus précisément situés sur les parties inférieures des branches. Aux parties supérieures se rencontrent des êtres plus évolués: devas, Gandharvas (les fées), et nombre d'autres. Comme un arbre est nourri par l'eau, cet arbre du monde matériel est alimenté par les trois gunas. On voit des terres désolées si l'eau manque, quand ailleurs croît une végétation verdoyante; de même, les espèces d'entités vivantes se manifestent en divers lieux, en nombre plus ou moins grand, proportionnellement à l'intensité avec laquelle les différents gunas influent sur ces lieux.
De l'arbre matériel pris dans son ensemble, les ramilles représentent les objets des sens. En s'exposant aux diverses influences des gunas, l'être acquiert des sens de qualités diverses, par lesquels il jouit des diverses gammes d'objets des sens. Les brindilles de la partie supérieure de l'arbre correspondent à la source des sens (l'ouïe, l'odorat, la vue, etc.), et elles sont ajustées pour permettre à l'être de jouir de leurs différents objets. Les feuilles également sont objets pour les sens -son, forme, tact ... Les racines, subsidiaires, ne représentent que les sous-produits résultant des diverses sortes de douleur et de plaisir des sens. Ainsi, l'être développe attachement et aversion. Les racines secondaires, qui s'étendent de toutes parts, on considère qu'elles constituent les tendances de l'être à pencher vers la vertu ou l'impiété. La racine mère de l'arbre matériel part de Brahmaloka, et ses autres racines plongent dans les systèmes planétaires peuplés d'hommes. Après avoir joui, sur les planètes supérieures, du fruit de ses actes vertueux, l'être devra revenir sur Terre, y refaire ses actes de vertu intéressée, pour de nouveau s'élever. Pour cette raison, on considère la planète Terre comme le champ d'action.