Une course de chiens dans un monde dangereux. Tant que les dirigeants de ce monde ne liront pas mes livres et qu'ils n'adopteront pas la culture védique, quelle genre de civilisation auront-ils? Voici une conversation qui a eu lieu entre Sa Divine Grâce A. C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada et quelques disciples pendant une promenade matinale à Denver, dans le Colorado, le 28 juin 1975.

Srila Prabhupada: Tant que les dirigeants de ce monde ne liront pas mes livres et tant qu'ils n'adopteront pas les principes de la culture védique, quel genre de civilisation auront-ils? Une course de chiens, de chevaux. C'est ce qu'ils souhaitent. Une course de rats. C'est tout. Leur civilisation n'est que l'image d'une course. Une course de chiens, de chevaux, de rats. Les citoyens ne savent rien de cette grande science de l'âme. La civilisation moderne rend les hommes pareils à des animaux, à des voyous. Bien entendu, à proprement parler, il s'agit bien d'une course de voitures. Ils sont très évolués et ont remplacé la course de rats par la course de voitures. Mais si une personne qui se comporte comme un chien se déplace non pas sur quatre pattes mais sur quatre roues, cela veut-il dire pour autant qu'il n'est pas un chien? Il s'agit bien de la même course, que ce soit sur quatre pattes ou sur quatre roues. La course est la même et le chien reste le même.

Cette civilisation ne fait donc que glorifier cette course de chiens. L'homme moderne ne le sait pas, il n'en vient pas à se dire: “Je suis fier de me promener partout dans ma voiture, mais à quoi bon si cela ne m'aide pas à comprendre le sens de ma vie? Cela se passe comme ça de nos jours. Voilà la civilisation actuelle, une gigantesque autoroute pour les courses de chiens.

Et puis il y a les faux yogis et les faux swamis qui présentent leur version de la culture védique et disent: “Avec cette méditation transcendantale, votre course de chiens deviendra encore meilleure”. En réalité ces yogis et swamis sont totalement subjugués par cette civilisation matérielle. “Magnifique, c'est vraimnt magnifique”, pensent-ils. C'est tout. Dans la Bhagavad-Gita, Krishna nous donne une description de ces personnes: Mohitam nabhijanati mam ebhyah param avyayam: "Egaré par les trois gunas, l'univers entier ignore qui Je suis, Moi l'Intarissable, qui transcende ces influences matérielles”. Le monde moderne foisonne de tels mudhas, tricheurs. Donc, je le répète, notre seul espoir est que vous distribuiez mes livres autant que possible.

A Londres il y a un grand stade pour les courses de chiens. Vous le saviez? De nombreuses personnes vont les voir.

Disciple: En Amérique aussi les courses de chiens sont très populaires. Ici à Denver les gens aiment y aller.

Srila Prabhupada: Aux courses de chiens? [Rires]

Disciple: Nous y sommes allés aussi, Srila Prabhupada, pour distribuer vos livres.

Srila Prabhupada: En Australie aussi, à Sidney, les gens aiment beaucoup ce genre de course. Ils y amènenet de grands chiens.

Disciple: Ca leur fait de bons jeux pour leurs paris.

Srila Prabhupada: En Europe, pour être aristocrate, il faut avoir beaucoup de chevaux et de chiens. C'est cela l'aristocratie. Les aristocrates montent des chevaux, puis avec leurs chiens ils vont dans la forêt et tuent des oiseaux innocents. Voilà en quoi consistent leurs activités héroïques. [A un disciple]: “Te souviens-tu de ce palais que nous avons visité en France?”

Disciple: Oui. A l'entrée il y avait de nombreuses peintures qui représentaient des aristocrates en train de tuer des oiseaux et des renards. C'étaient des peintures à la mémoire de ces grands personnages et de leurs exploits héroïques.

Srila Prabhupada: A Paris nous avons vu une grande statue de Napoléon. Nous nous sommes rappelé la célèbre phrase de Napoléon: “Je suis la France”. La France est toujours là mais Napoléon, lui, n'est plus. [Rires] Napoléon, c'est fini. Hitler, c'est fini. Gandhi, c'est fini.

Disciple: Srila Prabhupada, à l'endroit où nous avons vu la statue de Napoléon, il y en avait avant une autre de Louis XIV. Napoléon l'a faite enlever pour faire mettre la sienne à la place.

Srila Prabhupada: Et un jour quelqu'un d'autre viendra remplacer la statue de Napoléon. A Karachi, par exemple, ils ont enlevé la statue de Gandhi.

En ce monde matériel rien ne dure éternellement. Donc chantez toujours Hare Krishna. Ce monde est un endroit très dangereux. Padam padam yad vipadam: Dans ce monde, à chaque pas, il y a un danger. Maintenant, par exemple, nous nous promenons dans un très joli parc, mais à tout moment il pourrait y avoir une révolution et tout serait bouleversé. La situation pourrait devenir très dangereuse, exactement comme en Inde en ce moment. Nous devons donc nous rappeler qu'en ce monde matériel, padam padam yad vipadam: à chaque pas, le danger guette.

N'ayez donc plus d'attachement pour ce monde. C'est cela la véritable intelligence. Cependant, le système d'éducation moderne fourvoie les gens avec maya-sukhaya: faire des projets séduisants pour un bonheur somme toute temporaire. C'est tout. Cela aurait-il un sens de préparer les abattoirs pour y garder les animaux dans le plus grand confort?

Disciple: Non aucun sens. Ils seront quand-même mis à mort.

Srila Prabhupada: Oui, ils seront tout de même mis à mort. Donc même si les animaux pouvaient dire: “D'accord, mais avant d'être mis à mort, vivons confortablement”, serait-ce là vraiment de l'intelligence? L'intelligence consiste à se demander: “Pourquoi devons-nous être mis à mort? Comment mettre un terme à cette situation?” C'est cela l'intelligence. Quelle est la définition du mot abattoir? Que signifie ce mot?

Disciple: Un abattoir est le lieu où on envoie de nombreux animaux pour y être mis à mort brutalement.

Srila Prabhupada: Oui, on emmène beaucoup d'animaux ensemble à l'abattoir pour qu'ils y soient mis à mort. Pareillement, ce monde matériel est aussi un abattoir. Dès que le besoin s'en fait sentir, de nombreux animaux à deux jambes sont amenés à s'entre-tuer dans une guerre.

Ce monde est un abattoir. Et ce stupide animal à deux pattes continue à penser: “Je mène désormais une vie très confortable”. Il oublie de dire: “Je vais être mis à mort.” Mrtyu-samsara-sagarat: "Ce monde est un océan de mort.” Le Seigneur Krishna le confirme dans la Bhagavad-Gita: mrtyu-samsara-sagarat. Ce monde est un abattoir. Mais les gens le considèrent comme leur maison. On désigne ce monde du nom de mrtyu-loka: "Le monde de la mort." Et cependant les gens pensent que c'est un endroit très confortable. Voilà leur intelligence: ils croient qu'un abattoir est un endroit magnifique. Et quand vous expliquez à ces animaux qu'ils vont être mis à mort, que répondent-ils?

Disciple: En fait, Srila Prabhupada, il y a quelque jours seulement, un avion de ligne s'est écrasé au-dessus de New York sur une grande autoroute. C'étaient des images horribles, atroces, avec des centaines de personnes criant à l'agonie alors qu'elles étaient en train de mourir. Quelque jours après je distribuais vos livres à l'aéroport de Denver et je demandais aux gens: “Que vous inspire l'accident de New York? Il semble que la mort puisse venir à tout moment pour chacun d'entre nous, n'est-ce pas?” Mais la plupart des gens me regardaient, assis tranquillement sur leur siège bien confortable et me disaient: “Oh, j'ai toute ma vie devant moi.” Ou encore: “Je suis déjà bien occupé à regarder la vie devant moi. J'en profite au maximum et je ne vais pas commencer à me tracasser avec ce genre de pensées négatives.”

Srila Prabhupada: Voyez. Un abattoir. Et les gens persistent à vouloir trouver un confort réel et durable au sein de cet abattoir.

Disciple: Srila Prabhupada, lors de votre conférence l'autre jour à Los Angeles, vous avez affirmé que lorsqu'une grande guerre éclate, avec de nombreuses victimes, c'est toujours prévu d'avance par le Seigneur Suprême, comme lors de la bataille de Kurukshetra.

Srila Prabhupada: Oui, Krishna le confirme à Arjuna: “Tes sentiments pour les membres de ta famille sont très forts alors même qu'ils essayent d'usurper ton royaume par une attaque à grande échelle. Tu penses, avec noblesse, que tu ne souhaites pas les tuer. Mais cela a déjà été décidé. C'est ici qu'ils doivent être tués. C'est Moi qui les ai amenés ici. Il se peut qu'ils soient mis à mort par toi-même, ou peut-être pas, mais d'une manière ou d'une autre ils seront tués. C'est Mon dessein. Si tu le veux, tu pourras cependant croire que c'est grâce à tes mérites que tu sortiras victorieux de cette bataille.”

Les guerres modernes obéissent au même principe. Tout est prévu d'avance. La guerre veut dire que de nombreux animaux à deux pattes sont poussés à s'entretuer. Et ce même schéma se reproduit très souvent. Une fois c'est un Napoléon qui est envoyé pour tuer. Une autre fois c'est un Hitler. En Inde, le Seigneur Lui-même descend pour tuer. Le Seigneur Ramacandra est venu pour tuer Ravana et le Seigneur Krishna est venu pour tuer les Kauravas.

Disciple: Mais, Srila Prabhupada, lors de ces grandes guerres, les dévots du Seigneur Krishna sont-ils également mis à mort? Cela s'est-il bien produit au cours de la bataille de Kurukshetra?

Srila Prabhupada: Lors de la bataille de Kurukshetra les cinq frères Pandavas ont été sauvés. Au terme de la bataille, tous les cinq étaient en vie. S'il est vrai que la plupart des dévots du Seigneur sont sauvés lors de ces guerres, certains cependant ne sont pas épargnés. Le plus important est ce que Krishna affirme:

janma karma ca me divyam
evam yo vetti tattvatah
tyaktva deham punar janma
naiti mam eti so 'rjuna

"Celui, ô Arjuna, qui connaît l'absolu de Mon avènement et de Mes actes n'aura plus à renaître dans l'univers matériel; quittant son corps, il entre dans Mon royaume éternel.”

Traduction Alberto (Suisse)

Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare

Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare