SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 1 CHAPITRE 6 Dialogue de
Narada et Vyasadeva.
sphitan janapadams tatra
pura-grama-vrajakaran kheta-kharvata-vatis ca vanany upavanani ca
Les activités de l'homme dans les domaines de l'agriculture, de l'exploitation des mines, de l'élevage, de l'industrie, du jardinage, et ainsi de suite, connaissaient, dans la création antérieure à celle où nous vivons, le même développement que de nos jours, et continueront d'exister, telles quelles, dans la création à venir. De par les lois naturelles, chaque création doit être, après plusieurs centaines de millions d'années, anéantie, puis, après autant d'années, suivie d'une autre. Et chaque fois, l'histoire de l'univers se répète pratiquement de la même manière. Nos élucubrateurs mondains perdent ainsi leur temps avec leurs fouilles archéologiques, et oublient les valeurs réelles de l'existence. Sri Narada Muni, pour sa part, bien qu'encore enfant, n'accorda pas un seul instant à de telles recherches, ni à la poursuite des richesses, même après avoir vu villes et villages, mines et industries prospères. Dès qu'il s'éveilla à la vie spirituelle, il continua sans faillir de marcher vers l'émancipation absolue. Le Srimad-Bhagavatam relate donc les faits du passé, dont certain, tels ceux qui nous occupent, se sont produits il y a plusieurs centaines de millions d'années; mais il ne s'attache qu'aux plus saillants.
citra-dhatu-vicitradrin
ibha-bhagna-bhuja-druman jalasayan chiva-jalan nalinih sura-sevitah citra-svanaih patra-rathair vibhramad bhramara-sriyah
nala-venu-saras-tanba-
kusa-kicaka-gahvaram eka evatiyato ham adraksam vipinam mahat ghoram pratibhayakaram vyaloluka-sivajiram
Il va du devoir du parivrajakacarya, ou sage errant, de parcourir en tous sens la création de Dieu, de voyager seul à travers les forêts, les montagnes, les villes et les villages.... cela pour acquérir foi en Dieu et affermir son mental, mais aussi pour éclairer tous ceux qu'il croise sur sa route en leur transmettant le message de Dieu. Le sannyasi doit d'office prendre tous ces risques sans la moindre crainte, et l'exemple le plus parfait dans l'âge de Kali nous en est donné par Sri Caitanya Mahaprabhu, qui voyagea à travers toutes les jungles de l'Inde centrale, illuminant même les tigres, les ours, les serpents, les cerfs, les éléphants et les nombreux autres animaux de la forêt. Dans l'âge de Kali, l'homme du commun se voit en général interdit d'adopter le sannyasa; ceux qui le font tout de même, qui en revêtent le vêtement en vue de quelque propagande, doivent donc être distingués des véritables renonçants. Chacun peut, et doit, cependant, accomplir le voeu de mettre un terme à toute activité sociale dans l'ordre temporel et se consacrer entièrement au service du Seigneur. Changer de vêtement ne représente en définitive qu'un acte purement formel. Sri Caitanya n'accepta pas même de changer Son nom pour prendre un nom de sannyasi, et ceux qui, dans cet âge, empruntent le sannyasa devraient, à cet égard, suivre Son exemple. Pour l'âge de Kali, on recommande plus particulièrement la pratique du service de dévotion, par l'écoute et l'exaltation des saintes gloires du Seigneur. Celui qui fait voeu de renoncement à la vie familiale n'a donc pas à imiter les parivrajakacaryas, comme Narada ou Sri Caitanya; il suffit qu'il établisse sa résidence en quelque lieu saint et consacre tout son temps, toute son énergie, à écouter et à redire sans fin le message des Saintes Ecritures que nous ont laissées de grands acaryas -tels les six Gosvamis de Vrndavana.
parisrantendriyatmaham
trt-parito bubhuksitah snatva pitva hrade nadya upasprsto gata-sramah
Le sage errant (le parivrajakacarya) peut satisfaire aux besoins du corps -la faim et la soif- grâce aux seuls dons de la nature, sans avoir à se présenter à la porte des grhasthas pour leur demander l'aumône. S'il se rend tout de même chez les grhasthas, ce n'est donc pas pour mendier, mais bien pour les éclairer spirituellement.
tasmin nirmanuje ranye
pippalopastha asritah atmanatmanam atmastham yatha-srutam acintayam
On ne doit pas pratiquer la méditation selon ses propres fantaisies, mais plutôt en apprendre l'art exact auprès des sources autorisées que représentent les Ecritures, et par l'intermédiaire "transparent" d'un maître spirituel authentique. Alors seulement pourra-t-on, utilisant comme il convient une intelligence désormais développée, méditer sur l'Ame Suprême, sise en chaque être. Le bhakta qui a servi le Seigneur avec amour et dévotion sous la direction de son maître spirituel s'établit fermement à ce niveau de conscience. Sri Naradaji entra au contact d'un maître spirituel qualifié, le servit en toute bonne foi et en obtint l'illumination; c'est ainsi qu'il commença à méditer.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |