SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 1
CHAPITRE 6

Dialogue de
Narada et Vyasadeva.

VERSET 6

ekatmaja me janani
yosin mudha ca kinkari
mayy atmaje nanya-gatau
cakre snehanubandhanam

TRADUCTION

Ma mère, simple femme, n'était qu'une servante, et n'avait d'autre enfant que moi. J'étais son fils unique, et ne connaissais pour tout soutien que son affection, dont elle me lia.

VERSET 7

sasvatantra na kalpasid
yoga-ksemam mamecchati
isasya hi vase loko
yosa darumayi yatha

TRADUCTION

Elle voulait m'assurer une subsistance convenable, mais ne le pouvait, car elle n'était pas indépendante. Le monde tourne sous l'ordre souverain du Seigneur Suprême, et tous les êtres y sont comme des pantins de bois dans les mains d'un montreur de marionnettes.

VERSET 8

aham ca tad-brahma-kule
usivams tad-upeksaya
dig-desa-kalavyutpanno
balakah panca-hayanah

TRADUCTION

Ainsi, encore enfant, âgé de cinq années, sans nulle expérience des divers pays et dépendant de l'affection de ma mère, je vécus dans l'asrama des brahmanas.

VERSET 9

ekada nirgatam gehad
duhantim nisi gam pathi
sarpo dasat pada sprstah
krpanam kala-coditah

TRADUCTION

Un soir, sortie traire une vache, ma pauvre mère fut, sous l'action du temps souverain, mordue à la jambe par un serpent.

TENEUR ET PORTEE

Voilà comment Dieu mène les âmes sincères à s'approcher de Lui. Le pauvre garçon n'avait que sa mère affectueuse pour veiller sur lui, et pourtant, par la volonté suprême, elle quitta ce monde; il fut donc obligé de s'en remettre entièrement au Seigneur.

VERSET 10

tada tad aham isasya
bhaktanam sam abhipsatah
anugraham manyamanah
pratistham disam uttaram

TRADUCTION

Cette fatalité m'apparut comme une grâce particulière du Seigneur, qui toujours aspire à bénir Ses dévots; pensant ainsi, je pris le chemin du nord.

TENEUR ET PORTEE

Le dévot intime du Seigneur voit en chaque situation de sa vie une bénédiction, où se manifeste la volonté du Seigneur. Ce que tout autre en ce monde appellerait un coup du sort, un malheur, lui apparaît comme une grâce spéciale du Seigneur. Il sait que la prospérité matérielle s'accorde en fait à une condition fiévreuse, qui enchaîne à ce monde, et que la grâce que donne le Seigneur, c'est de faire peu à peu tomber chez Son dévot cette fièvre matérielle, pour l'aider à recouvrer progressivement la santé spirituelle. Les matérialistes, eux, demeurent privés de cette vision.


Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare
Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare