SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 1 CHAPITRE 5 Narada instruit Vyasadeva
sur le Srimad-Bhagavatam.
tatranvaham krsna-kathah pragayatam
anugrahenasrnavam manoharah tah sraddhaya me nupadam visrnvatah priyasravasy anga mamabhavad rucih
Sri Krsna, le Seigneur Suprême et Absolu, ne fascine pas seulement par les traits de Sa Forme personnelle, mais aussi par Ses Divertissements sublimes. Cela s'explique par le fait que le Nom, la Renommée, la Forme, les Divertissements et l'Entourage de l'Absolu sont eux-mêmes absolus. Par Sa miséricorde immotivée, le Seigneur descend dans l'univers matériel, où, sous des apparences humaines, Il dévoile Ses Divertissements sublimes afin qu'en soient captivés les hommes, qui gagneront ainsi de retourner auprès de Lui, en Son royaume. L'homme jouit d'une tendance naturelle à écouter divers récits concernant les activités matérielles de tel ou tel personnage, et le plus souvent, il s'abandonne à cette propension, sans savoir qu'il perd ainsi un temps précieux, outre que de tels récits ont pour effet d'enchaîner toujours davantage celui qui les écoute aux trois gunas, ces influences dégradantes de la nature matérielle. Plutôt que d'errer de la sorte, l'homme peut, en se tournant vers les Divertissements sublimes du Seigneur, atteindre la perfection spirituelle. En écoutant le récit des Divertissements du Seigneur, on entre en contact direct avec Lui. Par ailleurs, nous l'avons vu, le fait d'écouter ce qui a trait au Seigneur purifie l'âme conditionnée de toutes les fautes accumulées en son coeur, lui donnant ainsi de s'affranchir peu à peu de tout contact avec la matière, pour devenir de plus en plus fasciné par le Seigneur. C'est ce que Narada Muni nous explique ici, en s'appuyant sur son expérience personnelle. Comprenons que le simple fait d'écouter le récit des Divertissements du Seigneur nous donnera de devenir un de Ses compagnons. Narada Muni possède la vie éternelle, un savoir illimité et une félicité parfaite, incommensurable; il peut en outre voyager partout à travers les mondes matériel et spirituel, sans restriction aucune. Et en suivant son exemple, lui qui, dans sa vie antérieure, prêta une oreille attentive aux paroles des bhakti-vedantas, de purs bhaktas, lorsqu'ils relataient les Divertissements sublimes du Seigneur, tout homme gagnera d'atteindre la plus haute perfection de l'existence. Ajoutons que cette méthode, celle d'écouter les Divertissements du Seigneur en compagnie des bhaktas, est particulièrement recommandée pour l'âge de Kali, l'ère de discorde en laquelle nous vivons.
tasmims tada labdha-rucer maha-mate
priyasravasy askhalita matir mama yayaham etat sad-asat sva-mayaya pasye mayi brahmani kalpitam pare
On compare à des ténèbres, l'ignorance qui enveloppe l'être prisonnier de l'existence matérielle; d'un autre côté, toutes les Ecritures védiques comparent le Seigneur Suprême au soleil radieux. Or, là où brille la lumière ne sauraient subsister les ténèbres. L'écoute des Divertissements du Seigneur nous met directement en Sa présence absolue, car il n'y a aucune différence entre Lui et Ses Divertissements sublimes; et dès que nous entrons au contact de la lumière suprême, les ténèbres de l'ignorance se dissipent toutes. C'est l'ignorance seule qui pousse l'âme conditionnée à croire que le Seigneur comme elle-même sont des produits de la nature matérielle, car en fait, ils sont tous deux purement spirituels, et n'ont rien à voir avec la nature matérielle. Lorsque l'ignorance se dissipe et qu'on réalise parfaitement que rien n'existe hors du Seigneur Suprême, Dieu, alors disparaissent les ténèbres. Or, les corps grossier et subtil se composant l'un et l'autre de l'énergie du Seigneur, la perception de la lumière nous permet de les employer tous deux à Son service. Le corps grossier doit être engagé dans Son service entre autres par la voie de l'arcana, de Son adoration dans le temple, laquelle comporte de multiples activités dévotionnelles, tel offrir son hommage, nettoyer le temple, transporter de l'eau, etc. Quant au corps subtil, il faut l'absorber dans l'écoute des Divertissements sublimes du Seigneur, dans le souvenir de ces Divertissements, dans le chant du Nom du Seigneur, etc. Toutes ces activités revêtent un caractère spirituel et absolu, et ni le corps grossier ni le corps subtil ne devraient connaître d'autre forme d'occupation. Plusieurs années d'apprentissage dans le service de dévotion s'avèrent nécessaires pour réaliser l'absolu de ces activités sublimes, mais un grand pas se trouve déjà franchi si, à l'exemple de Narada Muni, on développe, par l'écoute, un tant soit peu d'attrait, d'affection, pour la Personne Divine.
ittham sarat-pravrsikav rtu harer
visrnvato me nusavam yaso malam sankirtyamanam munibhir mahatmabhir bhaktih pravrttatma-rajas-tamopaha
Le service d'amour sublime offert au Seigneur Suprême représente la fonction naturelle de chaque être, à quoi il aspire du plus profond de lui-même. Mais dès que l'âme distincte entre au contact de la nature matérielle, la passion et l'ignorance commencent d'étouffer en elle cet instinct naturel; et cela durera des temps incalculables. Mais si, par la grâce du Seigneur et de Ses dévots magnanimes, les mahatmas, l'être conditionné obtient l'heureuse fortune d'entrer au contact de purs bhaktas et d'entendre d'eux les gloires du Seigneur dans toute leur pureté, alors certes commencera pour lui de couler le flot du service de dévotion. De même qu'une rivière épanche son flot jusqu'à ce qu'elle rejoigne l'océan, les eaux du service de dévotion coulent, grâce au contact avec de purs bhaktas, jusqu'à atteindre le but ultime, l'amour sublime de Dieu. Jamais ce flot ne s'arrête; sans fin il croît, dissipant les influences de la passion et de l'ignorance. En vérité, il coule avec tant de force que quiconque en observe seulement le flux se voit affranchi de ces deux gunas. L'être conditionné retrouvant par là sa condition naturelle, originelle, peut atteindre la libération.
tasyaivam me nuraktasya
prasritasya hatainasah sraddadhanasya balasya dantasyanucarasya ca
Sri Narada Muni décrit ici les qualités que doit acquérir tout homme désireux de s'élever au stade de pur bhakta. Le postulant doit d'abord rechercher la compagnie constante des purs bhaktas, en évitant de se laisser égarer par les prétendus bhaktas. Il doit en outre se montrer simple et soumis, condition requise pour bien recevoir les instructions de ces purs bhaktas. Un pur bhakta est une âme qui, pour avoir compris que Dieu est le possesseur suprême et tous les êtres Ses serviteurs, s'est entièrement abandonnée à Lui. Et ce n'est qu'en la compagnie de tels êtres que l'on se débarrasse de toutes fautes accumulées au contact d'êtres matérialistes. Par suite, le néophyte doit fidèlement servir un pur bhakta, lui être parfaitement soumis et suivre à la lettre ses instructions. Ainsi se qualifie le bhakta déterminé à connaître la réussite en cette existence même.
jnanam guhyatamam yat tat
saksad bhagavatoditam anvavocan gamisyantah krpaya dina-vatsalah
Un vedantiste pur, ou un bhakti-vedanta, instruit ses disciples selon les exactes directives du Seigneur. Celui-ci a d'ailleurs fermement enseigné aux hommes, dans la Bhagavad-gita comme dans toutes les autres Ecritures, à ne suivre que Lui. Car, Il est le créateur, le soutien et le destructeur de tout ce qui est. L'entière création matérielle n'existe que par Sa volonté, et lorsque, toujours selon Son vouloir, viendra le temps de l'anéantissement, Lui continuera d'exister, dans Son royaume éternel, avec tout Son Entourage. Il Se trouvait déjà là avant la création, Il y demeurera après l'annihilation. C'est qu'Il n'appartient pas aux êtres créés: Il est absolu. Dans la Bhagavad-gita, Krsna explique que longtemps avant qu'il ne donne à Arjuna le savoir absolu, il l'avait communiqué au dieu Soleil; mais le message s'étant par la suite mal transmis, puis perdu, Il l'énonça à nouveau, choisissant cette fois Arjuna, parce qu'il était Son ami et dévot exemplaire, pour le recevoir. Comprenons par là que seul un bhakta peut saisir le message du Seigneur. L'impersonnaliste, incapable de concevoir que Dieu possède une Forme spirituelle et absolue, ne saurait certes saisir ce message des plus secrets. Des plus secrets, oui, car ce savoir, qui est celui du service de dévotion, surpasse infiniment celui du Brahman impersonnel. Le mot jnana désigne toute branche du savoir, ou encore le savoir ordinaire, qui peut se développer jusqu'à la connaissance du Brahman impersonnel. Puis, lorsqu'on y adjoint une certaine part de dévotion, il peut se transformer en connaissance du Paramatma, l'Absolu dans Sa Forme omniprésente, et c'est déjà là un savoir plus secret. Mais c'est à partir du moment où ce savoir prend la forme du service de dévotion sans mélange qu'on le qualifie de purement spirituel et des plus secrets. Et c'est lui, le plus secret des savoirs, que le Seigneur a donné à Brahma, à Arjuna, à Uddhava...
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |