SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 1 CHAPITRE 5 Narada instruit Vyasadeva
sur le Srimad-Bhagavatam.
tad-vag-visargo janatagha-viplavo
yasmin prati-slokam abaddhavaty api namany anantasya yaso nkitani yat srnvanti gayanti grnanti sadhavah
Les grands penseurs ont cette qualité qu'ils peuvent extraire le meilleur de toute chose, même des plus viles. On dit de l'homme d'intelligence qu'il doit être capable de puiser du nectar dans une coupe de poison, d'accepter l'or même s'il provient d'un endroit immonde, de faire d'une femme qualifiée son épouse, fût-elle issue d'une famille anonyme, et de recevoir les bons enseignements même d'un homme né intouchable. Ce sont là quelques règles d'éthique que tout homme, sans exception, devrait savoir appliquer. Mais l'homme saint se situe fort au-delà des hommes du commun, et on le voit constamment plongé dans la glorification du Seigneur Suprême, car il sait qu'en répandant Son Saint Nom et Ses gloires, il purifiera l'atmosphère polluée du monde, de même qu'en propageant des Ecrits spirituels et absolus comme le Srimad-Bhagavatam il aidera les hommes à rendre plus raisonnables leurs habitudes. Nous apprenons, au moment où nous rédigeons ce commentaire, que la Chine a commis des actes de guerre à la frontière de l'Inde. La politique ne mous concerne guère, mais nous savons que la Chine et l'Inde ont vécu dans la paix, sans mauvais sentiments, durant des siècles. Cela s'explique par le fait que jadis régnait partout une atmosphère de conscience divine; toutes les contrées du globe respectaient Dieu, vivaient dans la pureté et la simplicité, si bien qu'il n'était pas question de heurts politiques. La Chine et l'Inde n'ont certes aucune raison d'engager une guerre de conquête pour des territoires où l'homme ne peut guère vivre. Mais à cause des influences de l'âge de Kali, l'âge de la discorde, dont nous avons déjà parlé, la plus légère provocation a le pouvoir d'engendrer une grave querelle. Le litige en lui-même n'y est pas pour grand-chose, tout est dû à l'atmosphère polluée de cet âge, où une section de l'humanité s'efforce, par une propagande systématique, de mettre un terme à la glorification du Nom et de la Renommée du Seigneur Suprême. Il y a donc un pressant besoin de répandre le message du Srimad-Bhagavatam à travers le monde. Il va du devoir de tout homme responsable né sur la terre de l'Inde de s'acquitter de cette tâche, pour ainsi prodiguer le plus grand bien qui soit en même temps que donner au monde la paix qu'il désire tant. Et parce que l'Inde a failli à cette tâche, tant de luttes et de conflits perturbent aujourd'hui le monde. Mais nous gardons la certitude que si seulement les dirigeants du monde acceptent de recevoir le message sublime du Srimad-Bhagavatam, un changement s'opérera dans leur coeur, et naturellement, la généralité des hommes les suivront. Les hommes dans leur masse ne sont que des instruments dans les mains des politiciens et des dirigeants du monde. Il suffit donc qu'un changement s'opère dans le coeur des dirigeants pour qu'on assiste à une épuration radicale de l'atmosphère universelle. Nous savons les nombreux obstacles qui s'offrent à notre sincère effort pour présenter ce merveilleux Ecrit, riche de messages sublimes destinés à raviver la conscience divine des masses, à respiritualiser l'atmosphère du monde. Quant à notre tentative pour la présenter dans un langage convenable, nous la voyons déjà vouée à l'échec, d'autant plus qu'il s'agit d'une langue qui nous est étrangère; malgré notre effort sincère de produire un texte conforme aux exigences des lettrés, bien des défauts subsisteront. Mais nous sommes assurés que malgré toutes ces imperfections, les dirigeants de la société considéreront avant tout le sérieux du sujet et accepteront tout de même le message ici présenté, car il s'agit là d'une tentative honnête pour glorifier le Seigneur tout-puissant. Lors d'un incendie, les habitants de la maison en flammes vont aussitôt quérir l'aide des voisins. Ceux-ci pourront être des étrangers, ne pas comprendre le langage des malheureuses victimes, ils n'en réaliseront pas moins l'importance du besoin exprimé. Le même esprit de coopération est requis lorsqu'il s'agit de répandre le message sublime du Srimad-Bhagavatam dans l'atmosphère enfumée de ce monde. Après tout, il s'agit d'une science, étudiant les techniques spirituelles, et nous attachons davantage d'importance aux techniques elles-mêmes qu'au langage qui sert à les exprimer. Si seulement, donc, les voies spirituelles tracées par ce grand Ecrit sont perçues par le lecteur, notre effort aura porté ses fruits. Lorsque, partout dans le monde, les hommes accomplissent trop d'actions à tendance matérialiste, rien d'étonnant à ce que la moindre provocation entraîne les individus ou les nations à des affrontements démesurés. Telles sont les voies qui prévalent dans l'âge de Kali, l'âge de la discorde. L'atmosphère y est déjà grandement polluée, tout s'y corrompt, et on ne le sait que trop. Aujourd'hui abondent les ouvrages indésirables, suppurant d'idées matérialistes axées autour du plaisir des sens. L'homme veut lire, c'est là un instinct naturel pour lui, mais c'est uniquement parce que son mental est pollué qu'il s'absorbe en de tels écrits. Dans ces conditions, une oeuvre purement spirituelle comme le Srimad-Bhagavatam fera plus que restreindre les activités d'un mental corrompu, dans la masse des hommes: il étanchera également leur soif de lire quelque chose qui les fascine. De même que l'homme qui souffre de la jaunisse n'est pas vraiment enclin à manger des sucreries, alors que seul le sucre le soulagera, il se peut qu'au début, leur condition maladive les empêche d'apprécier avec justesse la saveur du Srimad-Bhagavatam, mais en poursuivant la lecture, ils finiront par s'affranchir de leur mal et pourront dès lors en goûter le nectar. Ainsi, efforçons-nous de répandre systématiquement la Bhagavad-gita et le Srimad-Bhagavatam, de les populariser, car ils ont le pouvoir d'agir comme du sucre, de traiter cette jaunisse qu'est le conditionnement par la matière, l'attachement au plaisir des sens. Quand les hommes auront goûté cet Ecrit, toutes les autres littératures, lesquelles empoisonnent la société, cesseront d'exister. Nous sommes par suite assurés que tous les hommes réserveront au Srimad-Bhagavatam l'accueil qui lui convient, même si la présentation que nous faisons de ce merveilleux Ecrit comporte nombre de défauts, car Sri1a Narada lui-même, qui à travers Vyasadeva nous instruit dans ce chapitre, le recommande.
naiskarmyam apy acyuta-bhava-varjitam
na sobhate jnanam alam niranjanam kutah punah sasvad abhadram isvare na carpitam karma yad apy akaranam
Comme nous l'avons expliqué précédemment, il n'y a pas que les ouvrages de littérature profane, vides de toute glorification du Seigneur, qui soient condamnés, mais aussi les oeuvres à base de spéculation sur le Brahman impersonnel et même les Ecrits védiques ne traitant pas directement du service de dévotion. S'il en est ainsi, que dire de la simple action intéressée, dirigée ailleurs que vers le service de dévotion. C'est que ni la connaissance spéculative ni l'action intéressée ne peuvent conduire l'être vers les cimes de la perfection. Pour ce qui est de l'action intéressée, que pratique la majorité des hommes, elle s'avère toujours pénible, en son début ou en sa fin. Elle ne devient fructueuse qu'une fois assujettie au service de dévotion offert au Seigneur. La Bhagavad-gita conseille ainsi d'user des fruits de l'action intéressée au service du Seigneur, à défaut de quoi elle enchaînera son auteur à la matière. Le bénéficiaire légitime de toute action est la Personne Divine; comment, dès lors, l'action accomplie par l'être distinct dans le seul but de satisfaire ses propres sens ne deviendrait-elle pas une source de grandes difficultés?
atho maha-bhaga bhavan amogha-drk
suci-sravah satya-rato dhrta-vratah urukramasyakhila-bandha-muktaye samadhinanusmara tad-vicestitam
En général, les hommes ressentent d'instinct un attrait pour des écrits divers. C'est qu'ils désirent entendre ou lire ce que des sources autorisées ont à dire sur l'inconnu; mais leur soif de savoir se voit exploitée par les auteurs sans scrupule d'ouvrages déplorables, dont le contenu vise à satisfaire les sens matériels. Ces écrits qui abondent en poèmes mondains et en spéculations de toutes sortes sont plus ou moins dictés par maya: ils ne visent qu'au plaisir des sens. Bien que privés de valeur réelle, ils sont enjolivés de diverses manières dans le but d'attirer l'attention des hommes d'intelligence moindre, qui ne fois pris au piège, s'enchaînent de plus en plus à la matière et perdent tout espoir de libération pendant des milliers et des milliers d'existences. Sri Narada Rsi, le plus grand des vaisnavas, éprouve de la compassion pour les victimes infortunées de ces vains écrits; il conseille donc à Sri Vyasadeva de produire une oeuvre spirituelle qui soit non seulement attrayante, mais qui puisse également affranchir les hommes de tout asservissement. Sri1a vyasadeva et ses représentants sont qualifiés pour s'acquitter d'une telle tâche, car ils ont appris à voir les choses dans leur juste perspective. Eclairés spirituellement, ils pensent dans la pureté. Ils se maintiennent fermement dans leurs voeux spirituels par la force de leur service de dévotion, et sont déterminés à délivrer les hommes qui croupissent dans l'eau sale de leurs actions matérielles. Les âmes conditionnées désirent ardemment acquérir chaque jour de nouvelles connaissances, et des spiritualistes comme Vyasava ou Narada peuvent étancher cette soif, en déversant sur eux sans fin des "nouvelles" du monde spirituel. Cela n'a rien d'impossible si l'on considère le nombre incalculable d'informations circulant à la surface du globe, lequel, enseigne la Bhagavad-gita, ne représente qu'un fragment de l'univers matériel, qui ne représente lui-même qu'une partie de la création tout entière. Depuis des milliers et des milliers d'années, d'innombrables lettrés, dans toutes les parties du monde, ont produit des masses incalculables de volumes pour combler la soif de savoir des hommes, mais hélas, aucun d'entre eux n'a su donner la paix ou la quiétude au monde, et cela, en raison de l'absence de spiritualité qui marque leurs écrits. C'est pourquoi les Ecritures védiques, notamment la Bhagavad-gita et le Srimad-Bhagavatam, sont recommandées à l'humanité souffrante: elles ont le pouvoir de conférer la libération, tant désirée, hors des malheurs de l'existence matérielle, laquelle ronge l'énergie vitale de l'homme. La Bhagavad-gita, c'est l'enseignement du Seigneur en personne, énoncé par Lui et plus tard couché par écrit par Vyasadeva; quant au Srimad-Bhagavatam, il se compose de récits ayant trait aux Divertissements du même Sri Krsna, lesquels récits peuvent seuls étancher la soif ardente qu'ont les êtres d'atteindre la paix éternelle et l'affranchissement de toute souffrance. Ce Srimad-Bhagavatam est donc destiné à libérer tous les êtres de l'univers des multiples asservissements qui les retiennent prisonniers de la matière. Ces récits des Divertissements du Seigneur ne peuvent être exposés que par des hommes libérés comme Vyasadeva et ses représentants authentiques, tous pleinement absorbés dans le service d'amour sublime du Seigneur. Car ce n'est qu'à de tels bhaktas, en raison de leur service dévotionnel, que les Divertissements du Seigneur se révèlent aussitôt dans l'absolu de leur nature. Nul autre ne peut connaître ou décrire les Actes du Seigneur, quand bien même il multiplierait ses spéculations sur la question pendant maintes et maintes années. Le Srimad-Bhagavatam est si précis, si exact, que toutes ses prédictions, bien qu'énoncées il y a cinq mille ans, se réalisent aujourd'hui dans les moindres détails. C'est donc que la vision de l'auteur embrasse le passé, le présent et le futur. Des âmes libérées comme Vyasadeva ne se distinguent pas uniquement par la perfection de leur vision et de leur sagesse, mais également par celle de leur pouvoir d'audition, de pensée, de sentir, bref de toutes leurs activités sensorielles. L'être libéré possède des sens parfaits, et seuls de tels sens permettent de servir le maître de tous les sens, Hrsikesa, ou Sri Krsna, le Seigneur Suprême. Le Srimad-Bhagavatam constitue donc la description parfaite de l'infiniment parfait, le Seigneur Suprême, par Srila Vyasadeva, l'auteur des Vedas, lui aussi infiniment parfait.
tato nyatha kincana yad vivaksatah
prthag drsas tat-krta-rupa-namabhih na karhicit kvapi ca duhsthita matir labheta vatahata-naur ivaspadam
Sri Vyasadeva est l'auteur de toutes les descriptions contenues dans les Ecritures védiques, et il a ainsi présenté diverses voies de réalisation spirituelle, soient l'action intéressée, le développement du savoir spéculatif, la recherche des pouvoirs surnaturels et la pratique du service de dévotion. D'autre part, dans ses divers Puranas, il a recommandé le culte d'un grand nombre de devas aux noms et formes divers. En conséquence, la masse des hommes ne peut que demeurer incertaine quant à la manière de fixer le mental sur le service du Seigneur, et confuse quant à la véritable voie de réalisation spirituelle. Srila Naradadeva fait donc ressortir ce défaut particulier aux oeuvres de Vyasadeva et insiste sur le fait que toute narration devrait être liée au Seigneur Suprême. En fait, rien n'existe hors du Seigneur. Il Se manifeste à travers d'innombrables émanations de Sa Personne. Il est la racine de l'arbre universel, l'estomac du corps total. Et c'est en arrosant la racine qu'on nourrit l'arbre, en alimentant l'estomac qu'on pourvoit toute l'énergie nécessaire aux différentes parties du corps. Srila Vyasadeva n'aurait donc dû compiler aucun autre Purana que le Bhagavata Purana, car le moindre écart de ce principe vital crée de grands obstacles à la réalisation spirituelle. Or, si un léger écart peut créer tant de ravages, que dire d'une séparation intentionnelle d'avec les vues de la Personne Suprême, de la Vérité Absolue? Prenons le culte des devas, par exemple: son plus grand mal réside dans le fait qu'il engendre un solide concept de panthéisme, ouvrant ainsi désastreusement la voie à l'épanouissement d'un nombre infini de sectes religieuses nuisibles au rayonnement des principes du Bhagavatam, lequel peut seul guider les êtres de façon appropriée vers la réalisation spirituelle absolue -que caractérise le rétablissement de la relation éternelle de l'être distinct avec le Seigneur Suprême à travers le pur service d'amour et de dévotion. L'exemple de l'embarcation balayée par les tourbillons du vent s'applique bien ici, car les panthéistes, leur mental décentré, incapables de choisir convenablement l'objet de leur concentration, ne peuvent jamais atteindre la perfection de la réalisation spirituelle.
jugupsitam dharma-krte nusasatah
svabhava-raktasya mahan vyatikramah yad-vakyato dharma ititarah sthito na manyate tasya nivaranam janah
Srila Narada condamne ici le fait, pour Srila Vyasadeva, d'avoir compilé divers Textes védiques, tel le Mahabharata, centrés sur l'accomplissement réglé d'actions intéressées. L'âme conditionnée, en raison de son contact prolongé avec la matière, de ses existences successives en ce monde, a développé, par habitude, une tendance instinctive à vouloir dominer l'énergie matérielle. Ainsi, lorsqu'elle obtient une forme humaine, elle n'a aucunement conscience de la responsabilité qui lui échoit. La forme humaine représente en effet l'occasion pour elle d'échapper aux griffes de la matière illusoire. Et les Vedas sont particulièrement destinés à la guider vers Dieu, en sa demeure originelle. Le fait de transmigrer dans un cycle sans fin à travers les différentes espèces vivantes -8 400 000 au total- correspond à l'emprisonnement de l'âme distincte déchue, condamnée. La forme humaine lui offre l'occasion d'échapper à cet emprisonnement; la seule préoccupation de l'homme doit donc être de rétablir sa relation perdue avec Dieu. Dans cette perspective, nul ne devrait jamais être encouragé à agir en vue de la satisfaction des sens sous prétexte d'accomplir quelque activité religieuse. Un tel détournement de l'énergie humaine n'a pour résultat que d'égarer la société. Srila Vyasadeva fait autorité en ce qui touche aux questions védiques traitées dans le Mahabharata et divers autres Ecrits, et l'encouragement qu'il suscite, dans ces Ecrits, pour diverses formes de plaisirs matériels ne peut qu'entraver gravement le progrès spirituel des hommes, car ceux-ci refuseront de renoncer aux actions matérielles, lesquelles les gardent prisonniers de la matière. A un certain tournant dans l'histoire de la civilisation humaine, on a pu asister à un accroissement excessif de ces activités matérielles accomplies au nom de la religion. Par exemple, les hommes abattaient alors inutilement les animaux sous prétexte d'accomplir des yajnas, ou sacrifices, et pour mettre fin à ces massacres, conduits sous le couvert de la religion, le Seigneur parut sous la forme de Buddha et renia alors en bloc l'autorité des Vedas. Narada avait prévu cette évolution, et c'est pourquoi il avait condamné de tels Ecrits. Il existe encore des mangeurs de chair animale qui, toujours au nom de la religion, simplement parce que certains Ecrits védiques l'autorisent, continuent d'offrir des sacrifices d'animaux, à quelque deva ou déesse. Ces sacrifices, avec toutes les restrictions qui s'y rattachent, sont en fait destinés à décourager la consommation de chair animale, mais le but de ces gestes pieux a graduellement sombré dans l'oubli, et l'abattoir remplace maintenant l'aire du sacrifice. Tout cela parce que des matérialistes insensés ne prennent pas la peine d'écouter les maîtres qui sont en mesure d'expliquer ces rites védiques. Les Vedas insistent bien sur le fait que la perfection de l'existence ne saurait être atteinte par un labeur excessif, par l'accumulation de richesses ou par la multiplication de la progéniture, mais par le seul renoncement. Les matérialistes, pour leur part, ne prêtent pas grande attention à ces enseignements. Ils prétendent que la vie de renoncement n'est destinée qu'aux hommes incapables d'assurer leur subsistance en raison de quelque déficience physique, ou encore à ceux qui n'ont pas réussi à atteindre la prospérité dans l'exercice de leurs fonctions familiales. Certes, des récits historiques comme le Mahabharata se composent de thèmes aussi bien spirituels que matériels. Ainsi, par exemple, la Bhagavad-gita s'insère dans le Mahabharata, et tout l'enseignement du Mahabharata culmine dans les instructions ultimes de la Bhagavad-gita, à savoir que l'homme doit délaisser toute autre forme d'occupation pour uniquement et pleinement s'engager dans la voie de l'abandon aux pieds pareils-au-lotus de Sri Krsna. Mais encore une fois, les hommes aux tendances matérialistes sont davantage fascinés par les thèmes politiques, économiques ou philanthropies traités dans les pages du Mahabharata que par son thème principal, la Bagavad-gita. Narada condamne donc ouvertement l'esprit de compromis de vyasadeva et lui conseille de proclamer sans détour que la première nécessité pour l'homme est de réaliser la relation éternelle qui l'unit au Seigneur, pour, sans plus attendre, s'abandonner à Lui. Tout malade est presque toujours enclin à consommer les aliments qui lui sont défendus. Mais le médecin qualifié ne fait jamais de compromis avec son patient, jamais il ne lui permet de consommer, ne serait-ce qu'en faible quantité, des aliments qui lui sont interdits. La Bhagavad-gita enseigne d'autre part qu'on ne doit pas détourner brutalement de ses occupations l'homme attaché aux modes de l'action intéressée, car il peut toujours, par une progression graduelle, s'élever jusqu'à la réalisation spirituelle. L'instruction vaut certes pour d'arides empiristes dépourvus de toute réalisation spirituelle, mais ceux qui sont directement engagés dans la voie dévotionnelle n'ont pas toujours à s'y conformer.
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