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De nos jours, même les enfants se croient indépendants et ne montrent plus aucun respect pour leurs aînés. Les universités ne leur offrant de plus qu'une fausse éducation, ils deviennent une cause d'inquiétude pour leurs parents et leurs professeurs. La Sri Isopanisad nous avertit du danger que nous courons en cultivant la connaissance matérielle plutôt que le savoir spirituel. Les universités sont de véritables temples de l'ignorance, et les "savants" qu'elles produisent ne réussissent, avec toute leur science, qu'à détruire le monde. Aujourd'hui, les étudiants ne reçoivent aucune instruction sur les principes régulateurs du brahmacarya et n'ont aucune foi en les règles prescrites par les Ecritures. L'Université leur offre parfois, il est vrai, des cours de théologie, mais cet enseignement ne trouve aucune application pratique. De là toutes sortes de conflits, non seulement à l'échelle politique et sociale, mais aussi sur le plan religieux.

Le nationalisme n'a connu son essor dans le monde qu'à cause d'une mauvaise éducation des peuples. Personne ne tient plus compte du fait que la petite planète Terre n'est qu'une masse de matière insignifiante, qui flotte dans un espace sans mesure, en compagnie d'innombrables autres. Ces masses de matière se perdent dans l'immensité du cosmos comme des poussières dans le vent... Elles possèdent néanmoins tout ce qu'il faut pour se maintenir dans l'espace, car Dieu donne à chacune son autonomie. Les savants sont très fiers de leurs satellites, mais refusent de croire au Savant Suprême, Maître des planètes, ces satellites tellement plus grands que les leurs!

Plusieurs systèmes planétaires gravitent autour de chacun des innombrables soleils qui flottent dans l'espace. Et pourtant, nous, créatures minuscules, infimes parties du Seigneur Suprême, essayons, vie après vie, de dominer cette infinité de planètes, alors que tous sommes constamment vaincus dans nos efforts par la vieillesse et la maladie. La longévité maximale de l'homme est aujourd'hui d'environ cent ans; elle va graduellement décroître jusqu'à vingt ou trente ans. Cependant, l'homme est si insensé qu'il s'épuise en vain à faire de son peu de terre, un paradis, fût-ce aux dépens des autres nations. L'angoisse qui en découle fait que chaque pays investit la moitié de ses forces dans la défense nationale, tandis qu'on ne voit, de la part des dirigeants, aucun effort pour développer la connaissance pure. Il ne s'en flattent pas moins d'être en "progrès" du point de vue tant matériel que spirituel.

La Sri Isopanisad nous met en garde contre le péril auquel un tel système d'éducation expose la société, la Bhagavad-gita quant à elle, nous apprend comment acquérir un savoir efficace. Ce mantra nous laisse conclure que le dhira, seul, peut nous donner la connaissance pure (vidya). Le dhira est celui qui demeure toujours serein et que l'illusion n'affecte pas. Or, seul l'être conscient de son identité spirituelle peut devenir dhira, car ce n'est qu'une fois cette réalisation atteinte qu'on peut cesser de convoiter ce qu'on n'a pas, de pleurer ce qu'on a perdu. Le dhira sait que le corps et le mental acquis lors de son contact avec la matière sont totalement étrangers à son vrai moi son moi spirituel, qu'ils constituent pour lui un pesant fardeau. Aussi en fait-il le meilleur usage en s'en servant pour cultiver la science de l'âme.

Contrairement au monde spirituel, l'univers matériel est un monde mort, car la matière est inerte et ne s'anime qu'au contact des êtres, étincelles spirituelles vivantes, parties intégrantes de Dieu. Le dhira est l'homme qui a humblement reçu cette connaissance des lèvres de Dieu, la Personne Suprême, ou des acaryas, Ses représentants authentiques; il l'a parfaitement comprise en suivant, sous la conduite d'un maître ainsi autorisé, les principes régulateurs de la vie spirituelle. La connaissance spirituelle et les principes régulateurs doivent donc se transmettre de maître authentique à disciple authentique, et non pas au gré des spéculations fantaisistes qu'accumulent les "penseurs" de nos universités modernes. Le disciple parfait doit être aussi humble et sincère qu'Arjuna, et le maître spirituel parfait, aussi qualifié que Krsna Lui-même. C'est la seule façon d'acquérir la vidya, la connaissance pure.

L'adhira, celui qui au contraire du dhira, n'a pas reçu d'éducation spirituelle, n'est apte ni à instruire, ni à diriger. Les dirigeants d'aujourd'hui prétendent être des dhiras, mais ils ne sont en fait que des adhiras, et nul ne peut espérer recevoir d'eux la connaissance parfaite. Ne se souciant que d'acquérir gloire et richesse, ils ne peuvent guider les masses vers la perfection de l'existence, la réalisation spirituelle.

Tiré de la Sri-Isopanisad.