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"Lorsque l'on sépare la pointe d'un cheveu en cent parties, qu'on divise à leur tour en cent parties, on trouve la mesure de l'âme." L'âme, est de taille si infime, mesurée à notre échelle, que même le plus puissant de nos microscopes ne pourrait la déceler.
 

Cette minuscule étincelle est le principe vital du corps matériel, où son influence est partout répandue, comme celle d'un médicament. La conscience se manifeste en exerçant ainsi son influence dans tout le corps; elle est la preuve de la présence de l'âme, qui est sa source. Nul n'ignore que privé de conscience, le corps matériel est un objet sans vie, que rien ne peut ranimer. L'énergie de l'âme répandu dans tout le corps est ce qu'on appelle la conscience. Celle-ci, répandu dans tout l'organisme, l'être éprouve des sensations de douleurs ou de plaisir dans chacune des parties de son corps.

 

L'âme flotte, portée par les cinq sortes d'air (prana, apana, vyana, samana et udana). Sise dans le coeur, elle dispense son énergie à tout le corps. Une fois purifiée de la contamination de ces cinq sortes d'air matériel, elle dévoile sa puissance spirituelle."

 

La Mundaka Upanisad situe l'âme infinitésimale dans le coeur de chaque être, d'où son influence se propage dans tout le corps. Mais certains savants matérialistes affirment l'inexistence de l'âme, pour la seule raison que sa petitesse la soustrait à leur pouvoir d'observation. Il ne fait pourtant pas le moindre doute que si l'énergie nécessaire au fonctionnement de l'organisme provient du coeur, c'est que l'âme distincte y est présente.

 

Les globules sanguins, qui transportent l'oxygène emmagasiné dans les poumons, tirent leur énergie de l'âme. C'est pourquoi le sang cesse de circuler et de remplir ses fonctions dès que l'âme quitte le corps. La médecine "scientifique" est sans doute hors d'état de vérifier que l'âme fournit au corps son énergie vitale, mais elle accepte néanmoins l'importance des globules rouges et admet que le coeur est le siège de toutes les énergies corporelles. Plusieurs docteurs ont fait cette remarque: "Il arrive que nous soyions présents lorsqu'une personne passe de la vie à la mort: nous remarquons alors une transformation mystérieuse. L'une des plus remarquables est une absence soudaine de vie dans les yeux, qui perdent tout éclat. Ceux-ci deviennent opaques et littéralement morts."

 

Elle n'est pas créée à l'instant où le corps se forme, pas plus qu'elle ne meurt au moment où il se défait. Seul ce qui naît doit aussi mourir; l'âme ne connaît donc ni passé, ni présent, ni futur. Elle est éternelle et originelle: rien ne laisse croire qu'elle ait seulement pu avoir un commencement. L'âme ne vieillit pas non plus comme le corps. C'est pourquoi le vieillard se sent intérieurement identique à l'enfant ou au jeune homme qu'il fut. Les changements de corps n'affectent pas l'âme: elle ne dépérit pas comme le fait un arbre ou tout autre objet matériel; elle n'engendre pas non plus de descendance.

 

Si nous ne pouvons percevoir la présence de l'âme dans le coeur, où elle habite, nous pouvons toujours appréhender son existence par la conscience qui en émane. Il arrive que le soleil soit caché par des nuages, mais nous savons pourtant qu'il fait jour, car si le globe solaire n'est pas visible, la lumière qui en émane est toujours présente. Nous savons que le soleil s'est levé dès qu'à l'aube une faible lueur pointe. Le principe est le même pour l'âme: puisqu'une conscience anime tous les corps, humains ou animaux, elle doit être présente en chacun.

 

Que l'âme infinitésimale occupe aussi bien le corps d'un animal gigantesque, ou ceux des milliards de germes contenus dans chaque centimètre cube d'espace, est sans nul doute quelque chose d'extraordinaire. L'homme au pauvre fonds de connaissance et celui qui ne pratique pas l'austérité ne sauront jamais appréhender la splendeur de cette étincelle spirituelle aux dimensions infimes. Même si la chose est expliquée par le plus grand maître en telle connaissance, ils ne comprennent toujours pas. La plupart des gens, dans cet âge, ne peuvent, à cause d'une vision trop matérialiste, concevoir qu'une particule si infime puisse, à la fois, animer des formes aussi gigantesques et aussi minuscules.

 

Ebloui par l'énergie matérielle, l'homme est tellement absorbé dans la chasse au plaisir qu'il n'a que trop peu de temps pour s'interroger sur son identité spirituelle; et pourtant, sans cette connaissance de soi, toute activité voue à l'échec sa lutte pour l'existence. S'il s'agit de mettre un terme aux souffrances matérielles qui nous accablent, il faut s'interroger sur l'âme. Mais cela, on l'ignore le plus souvent. Et il est plus rare encore de trouver un homme qui ait pleinement tiré parti de la connaissance de l'âme, devenant ainsi capable d'expliquer tout ce qui y a trait. Mais si, d'une façon ou d'une autre, nous en venons à comprendre "la question de l'âme", alors notre vie sera féconde. Et la meilleure façon est encore d'accepter les paroles de la Bhagavad-gita, qui furent énoncées par Sri Krsna, l'autorité la plus grande.

 

Texte puisé dans le deuxième chapitre de la Bhagavad-gita et du livre Renaître.

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