CHAPITRE 2 VERSET 63

krodhad bhavati sammohah
sammohat smriti-vibhramah
smriti-bhramsad buddhi-naso
buddhi-nasat pranasyati
 

 

 

TRADUCTION

La colère appelle l'illusion, et l'illusion entraîne l'égarement de la mémoire. Quand la mémoire s'égare, l'intelligence se perd, et l'homme choit à nouveau dans l'océan de l'existence matérielle.

 

TENEUR ET PORTEE

En devenant conscient de Krsna, on apprend que toute chose peut être utilisée au service du Seigneur. Le spiritualiste à qui manque la conscience de Krsna tente artificiellement de rejeter tout ce qui est matériel, et cependant, malgré son désir de se libérer de la prison matérielle, il n'atteint pas la perfection du renoncement. Celui qui a conscience de Krsna, au contraire, sait comment tout mettre au service du Seigneur, sans devenir pour autant victime du matérialisme. Un impersonnaliste, par exemple, considère le Seigneur, l'Absolu, comme impersonnel, donc, en toute logique, incapable de manger. Or, tandis que l'impersonnaliste se prive de tout aliment savoureux, le bhakta, sachant que Krsna est le bénéficiaire de tous les plaisirs du monde et qu'Il mange tout ce qui, dans la dévotion, Lui est offert, prépare des plats merveilleux pour le Seigneur et en honore ensuite les restes, appelés "prasada". De cette façon, toute matière est spiritualisée; il ne court donc aucun risque de retomber dans l'océan de l'existence matérielle. Le bhakta voit le prasada d'un œil conscient de Krsna, tandis que l'abhakta le considère comme matériel. A cause de son faux renoncement, l'impersonnaliste ne peut jouir de la vie, et la moindre agitation mentale le replonge dans l'océan de l'existence matérielle. Même s'il atteint la libération, il retombera, privé du point d'appui de la dévotion à Krsna.