Un disciple: C'est donc le désir de jouissance matérielle qui nous fait revêtir ces corps, et le désir d'atteindre Krsna qui nous permet de retrouver notre position naturelle?

Srila Prabhupada: Oui.

Dr. Singh: Mais il semble qu'une lutte constante nous oppose à notre nature inférieure. Nous devons sans cesse combattre nos désirs matériels, et ce, malgré notre désir de servir Krsna. En est-il toujours ainsi?

Un disciple: Le corps agit presque comme un tyran qui nous dicte sa loi.

Srila Prabhupada: Cela indique que vous subissez fortement l'emprise de l'énergie matérielle, de maya.

Dr. Singh: Et cela, bien que nous désirions également servir Krsna?

Srila Prabhupada: Oui. Un voleur a beau savoir qu'il va être arrêté et mis en prison - il peut même avoir vu ses complices se faire arrêter - il n'en continue pas moins de voler. Bien qu'il se sache assujetti à la loi, il agit néanmoins selon ses désirs; voilà bien ce que l'on entend par tamas, l'ignorance. Aussi la connaissance marque-t-elle le début de la vie spirituelle. En premier lieu, comme Krsna l'enseigne à Arjuna dans la Bhagavad-gita, l'homme doit apprendre qu'il n'est pas le corps de matière mais bien une âme spirituelle. Mais dans quelle université enseigne-t-on ce savoir?

Dr. Singh: Cela ne se fait nulle part.

Srila Prabhupada: Comment alors parler d'éducation! C'est l'ignorance qu'ils propagent, et non pas le savoir.

Dr. Singh: Si les hommes de science savaient qu'ils ne sont pas le corps mais plutôt l'âme dans le corps, toute leur optique changerait.

Srila Prabhupada: Oui, et c'est ce que nous voulons.

Un disciple: Mais ils ne veulent pas admettre leur échec.

Srila Prabhupada: Cela ne fait qu'ajouter à leur incapacité. En se faisant passer pour intelligent, un sot ne réussit qu'à aggraver sa sottise, car alors, il ne peut plus faire de progrès. Et s'il se fait passer pour un homme de savoir alors qu'il demeure dans l'ignorance, ce n'est qu'un tricheur: il se dupe lui-même et fourvoie autrui. Les gens manifestent un tel engouement pour cette prétendue "civilisation du progrès", mais ils ont entre eux des rapports de chien et de chat. Prenez l'exemple des services d'immigration, tout le monde se méfie d'autrui. On ira jusqu'à fouiller un homme très respectable pour voir s'il ne porte pas un revolver, car aujourd'hui, avec tous ces voleurs et ces bandits qui se dissimulent derrière leurs belles manières, on ne peut plus faire confiance à personne. Alors, qu'entend-on par progrès? Peut-on dire de l'éducation actuelle qu'elle amène le progrès? Est-ce là une civilisation digne de ce nom?

Puisé dans le livre: "La vie vient de la vie". (Neuvième entretien)

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