SRIMAD-BHAGAVATAM
CHANT 8 CHAPITRE 3 Les prières d'abandon
de Gajendra.
so ham visva-srjam visvam
avisvam visva-vedasam visvatmanam ajam brahma pranato smi param padam
Parfois, quand on prêche le bhakti-yoga ou la conscience de Krsna aux hommes du commun, les gens argumentent: "Où est Krsna? Où est Dieu? Pouvez-vous nous Le montrer?" Ce verset nous donne la réponse: si nous sommes suffisamment intelligents, nous devons savoir que quelqu'un a dû créer l'entière manifestation cosmique, qu'Il en a fourni les différents composants, issus de Lui-même, et que cette Personne existe éternellement mais ne Se trouve pas dans ce monde manifesté. En se fondant simplement sur cette suggestion, on peut présenter son hommage respectueux au Seigneur Suprême; c'est là le commencement d'un vie de dévotion.
yoga-randhita-karmano
hrdi yoga-vibhavite yogino yam prapasyanti yogesam tam nato smy aham
Gajendra, le roi des éléphants, accepta simplement qu'il devait y avoir quelqu'un à l'origine de cette manifestation cosmique et des différents éléments qui la composent. Cela devrait être reconnu par tous, même par les athées les plus acharnés. Pourquoi alors abhaktas et athées n'admettent-ils pas ce fait? La raison en est qu'ils sont souillés par les conséquences de leurs activités intéressées. On doit être libéré de toute la saleté accumulée dans le coeur à la suite d'activités intéressées auxquelles on s'est adonné les unes après les autres. Il faut se débarrasser de ces impuretés par la pratique du bhakti-yoga. Yoga-randhita-karmanah. Tant que l'on se trouve sous l'influence de l'ignorance et de la passion, il est impossible de réaliser le Seigneur Suprême. Tada rajas-tamo-bhavah kama-lobhadayas ca ye. Une fois délivré de l'emprise de l'ignorance et de la passion, on se débarrasse par là même des défauts les plus vils —kama et lobha, la concupiscence et la cupidité. De nos jours, il existe de très nombreuses écoles de yoga qui encouragent les gens à développer leur concupiscence et leur avidité grâce à la pratique du yoga. Aussi les gens apprécient-ils beaucoup ce prétendu yoga. Ce verset définit en quoi consiste la véritable pratique du yoga. Le Srimad-Bhagavatam (12.13.1), autorité en la matière, déclare: dhyanavasthita-tad-gatena manasa pasyanti yam yoginah —le yogi est celui qui médite constamment sur les pieds pareils-au-lotus de Dieu, la Personne Suprême. Cela est aussi confirmé dans la Brahma-samhita (5.38):
namo namas tubhyam asahya-vega-
sakti-trayayakhila-dhi-gunaya prapanna-palaya duranta-saktaye kad-indriyanam anavapya-vartmane
L'attachement, la cupidité et la concupiscence représentent trois forces extraordinaires qui empêchent l'être de se concentrer sur les pieds pareils-au-lotus de Dieu, la Personne Suprême. Ces forces agissent ainsi parce que le Seigneur n'aime pas Se révéler aux abhaktas ou aux athées. Cependant, quand on s'abandonne à Ses pieds pareils-au-lotus, ces obstacles disparaissent, et l'on peut alors réaliser Dieu, la Personne Suprême. Ainsi le Seigneur est-Il le protecteur des âmes soumises. On ne peut devenir un bhakta à moins de s'abandonner à Ses pieds pareils-au-lotus. Alors le Seigneur donne à l'être, en son for intérieur, l'intelligence grâce à laquelle il pourra retourner en sa demeure originelle, dans le royaume de Dieu.
nayam veda svam atmanam
yac-chaktyaham-dhiya hatam tam duratyaya-mahatmyam bhagavantam ito smy aham
Comme le mentionne la Bhagavad-gita, chaque être vivant —qu'il s'agisse d'un être humain, d'un deva, d'un animal, d'un oiseau, d'une abeille, ou de quoi que ce soit d'autre— est une partie intégrante de Dieu, la Personne Suprême. Le Seigneur et l'être vivant sont intimement liés comme père et fils. Malheureusement, à cause du contact avec la nature matérielle, l'âme individuelle oublie cela et désire jouir indépendamment de ce monde, selon ses propres idées. Il est très difficile de triompher de cette illusion (maya), qui enveloppe l'être vivant parce qu'il veut oublier Dieu, la Personne Suprême, et jouir à son idée du monde matériel. Tant que subsistera cette souillure, l'âme conditionnée sera incapable de comprendre son identité véritable et continuera perpétuellement, vie après vie, à être dans l'illusion. Ato grha-ksetra-sutapta-vittair janasya moho yam aham mameti (S.B., 5.5.8). Tant que l'être vivant n'est pas éclairé de façon à pouvoir comprendre sa position véritable, il sera attiré par la vie matérielle, par son foyer, son pays ou ses terres, ses relations, ses fils, sa famille, son compte en banque, etc. Ainsi obnubilé par toutes ces conceptions, il continuera de penser: "Je suis ce corps, et tout ce qui lui est relié m'appartient." Il est très difficile de se débarrasser de cette vision matérielle de l'existence, mais celui qui s'abandonne à Dieu, la Personne Suprême, comme le fit Gajendra, le roi des éléphants, atteindra l'illumination spirituelle, le niveau du Brahman.
sri-suka uvaca
evam gajendram upavarnita-nirvisesam brahmadayo vividha-linga-bhidabhimanah naite yadopasasrpur nikhilatmakatvat tatrakhilamara-mayo harir avirasit
Lorsque le roi des éléphants décrivit l'autorité suprême, sans mentionner de personne particulière, il n'invoqua pas les devas, avec à leur tête Brahma, Siva, Indra et Candra. Par suite, aucun d'eux ne vint le trouver. Cependant, comme Sri Hari est l'Ame Suprême, ou Purusottama, la Personne Divine, Il apparut à Gajendra.
D'après le contenu de ses prières, Gajendra cherchait apparemment à toucher l'autorité suprême, bien qu'il ne sût pas qui elle était. Il supposa qu'il existait une autorité suprême dominant tout. De ce fait, les différentes émanations du Seigneur, telles que Brahma, Siva, Candra et Indra, pensèrent toutes "Gajendra ne demande pas notre aide mais celle du Suprême, qui est au-dessus de nous tous". Comme l'a mentionné Gajendra, il existe différents êtres vivants, parcelles infinies du Seigneur; ce sont les devas, les êtres humains et les animaux, tous étant recouverts par des formes distinctes. Bien que les devas soient chargés de veiller sur différents aspects de l'univers, Gajendra estima qu'ils étaient incapables de le sauver. Harim vina naiva mrtim taranti: personne ne peut sauver qui que ce soit des dangers que représentent la naissance, la mort, la vieillesse et la maladie. Seul Dieu, la Personne Suprême, peut nous faire échapper aux dangers de l'existence matérielle. Aussi, une personne intelligente cherchant à se libérer de cette dangereuse existence, s'adressera à Dieu, la Personne Suprême, et non pas à un deva quel qu'il soit. La Bhagavad-gita (7.20) le confirme: kamais tais tair hrta-jnanah prapadyante nya-devatah —ceux qui ne sont pas intelligents s'adressent aux différents devas pour obtenir d'eux des bénéfices matériels temporaires. En fait, ces devas ne peuvent sauver personne des dangers de l'existence matérielle. Comme les autres êtres vivants, les devas sont simplement des parties externes du Corps transcendantal de Dieu, la Personne Suprême. Comme le déclarent les mantras védiques, sa atma angany anya devatah. A l'intérieur du corps se trouve l'atma, l'âme, tandis que les différentes parties du corps, comme les mains et les jambes, sont externes. De même, l'atma de l'entière manifestation cosmique est Narayana, Sri Visnu, et tous les devas, les êtres humains et les autres êtres vivants représentent autant de parties de Son Corps. On pourrait aussi en tirer la conclusion suivante: puisqu'un arbre vit grâce à ses racines et qu'en arrosant celles-ci on nourrit par là même toutes les parties de l'arbre, on devrait adorer Dieu, la Personne Suprême, qui est la racine originelle de toute chose. Bien que le Seigneur soit très difficile à approcher, Il est très près de nous car Il vit dans nos coeurs. Dès qu'Il comprend que l'on recherche Sa faveur par une soumission totale, naturellement Il réagit sur-le-champ. En conséquence, si les devas ne vinrent pas à l'aide de Gajendra, Dieu, Lui, apparut immédiatement en réponse à ses ferventes prières. Cela ne veut pas dire que les devas étaient en colère contre Gajendra, car, en fait, quand on adore Visnu, on vénère par là même tous les devas. Yasmin tuste jagat tustam: si Dieu, la Personne Suprême, est satisfait, tout le monde l'est aussi.
Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare |